Après le décès de M. Hébert, JCM a reçu plus de 190 témoignages d’ancien(ne)s au sujet du fondateur de JCM! Puisqu’il est impossible pour nous de tous les publier sur notre site Web, nous vous en présentons quelques uns ci-dessous. Nous vous assurons cependant que tous les témoignages reçus seront lus et remis à la famille de M. Hébert. Bonne lecture…
« C’était en 1997, quelque part à Cuba, dans un coin ignoré des touristes appelé Chambas. M. Hébert passait par là, et on a pris une énième photo de groupe en sa compagnie. Alors que les flashs fusaient, M. Hébert m’assena une petite claque derrière la tête, de ces claques narquoises vous décrochant un sourire.
Étant moi-même de Saint-Jérôme, autre coin ignoré des touristes, ma participation au programme Jeunesse Canada Monde fut une grande et mémorable claque derrière la tête, au sens figuré cette fois-ci, de ces claques qui vous ouvrent les yeux et vous poussent vers l’avant. J’étais une recrue moyenne, moyennement confortable chez moi : mon char, ma blonde, ma job. C’était avant. Encore aujourd’hui, 10 ans après Cuba, je vogue grandement sur l’inspiration et l’énergie civique léguées par cette expérience, ce désir d’accomplir toujours plus et d’avoir un impact, puisque c’est possible.
Au fil des ans, j’ai périodiquement revu M. Hébert : à mon retour des parcs nationaux de Bolivie, après avoir exhumé des victimes d’actes génocidaires au Guatemala, épuisé après avoir terminé une maîtrise à UC Berkeley en tant que boursier Rotary pour la paix mondiale, ou encore après avoir fondé une ONG pour les jeunes à risque à Montréal. À chaque fois, il me lançait le même sourire satisfait mais toujours frondeur, me défiant silencieusement : ‘ Oui, c’est bien. Mais quoi d’autre? ’. Une autre petite claque.
Ces claques, grandes et petites, je me les suis remémorées et m’y suis accroché fréquemment depuis un an, alors que je représentais l’Agence canadienne de développement international (ACDI) au sein de l’équipe de reconstruction provinciale de Kandahar, en Afghanistan. Une année difficile, à tous les points de vue. Aujourd’hui, j’écris ces mots de Wainwright, en Alberta, alors que je participe à l’entraînement des prochains militaires à être déployés à Kandahar. À mon tour je leur transmets la claque, bien civique et engagée, je leur demande de se dépasser à Kandahar, à œuvrer intimement avec les Afghans.
Puis je continue à me demander: ‘ Oui, c’est bien. Mais quoi d’autre? ’ Merci M. Hébert. »
Michel Huneault, programme Manitoba/Cuba 1997
« J’ai eu la chance de rencontrer M. Hébert lors de mon séjour à Cuba en 2005 (…). Nous avons passé une journée complète ensemble. (…) Il m’avait alors fait une grande impression. Il était très intelligent, tout en demeurant drôle et simple. (…) Il semblait toujours se préoccuper d’abord des personnes, et, en ce sens, il était profondément humain. Une anecdote comique que je me rappelle est cette fois (…) où il m’a confié son secret pour rester énergique et éviter la maladie. Il affirmait prendre son petit rayon de soleil chaque jour, en réalité une bonne dose de vitamine C. Fier de son truc, peu lui importait que les médecins lui disent que toute cette vitamine ne pouvait avoir aucun effet sur lui. « Si ça marche, tant mieux ! » me disait-il, sourire au coin des lèvres. Je ne sais pas si ce sont ces petits « rayons de soleil » matinaux qui lui ont véritablement permis de demeurer aussi actif aussi longtemps, mais je sais que son action a rayonné sur des milliers de jeunes de par le monde. J’ai la chance d’avoir été l’un d’entre eux, et je le remercie humblement. Je prierai pour lui, et il demeurera toujours gravé dans ma mémoire comme celui qui m’a inspiré à devenir moi-même un rayon de soleil dans ma communauté et dans le monde. (…) »
Simon Lessard, programme Nouvelle-Écosse/Cuba 2004-2005
« Les nombreuses rencontres que j'ai eues avec Jacques Hébert m'ont toujours laissé un sentiment d'admiration et d'infini respect. Je me rappelle, entre autres, et avec émotion, les visites que je lui faisais au Sénat, alors que j'étudiais à Ottawa, de l'entrevue que j'ai réalisée avec lui dans les bureaux montréalais de Jeunesse Canada Monde et, surtout, de ce Noël fantastique qu'il a passé avec notre groupe de Jeunesse Canada Monde, en décembre 1985, à Kalenda, au Zaïre. La vision de Jacques (il n'aimait pas que nous l'appelions « M. Hébert ») a profondément marqué ma vie, mes valeurs. Je garderai à jamais le souvenir d'un homme bon, dynamique, drôle, idéaliste et éternellement jeune. Je suis heureux de lui avoir dit merci de son vivant. Bon voyage, Jacques! »
Benoît Beauchemin, programme Zaïre 1985
« M. Hébert nous a démontré comment une seule personne peut avoir un impact énorme en choisissant de vivre sa vie intensément et de profiter de chaque occasion pour améliorer notre monde. C'est très motivant de voir qu’il vaut la peine de s'impliquer dans une cause qui nous tient à cœur! Merci, Monsieur Hébert. »
Martine Kessler, programme 2006-2007
« Jacques Hébert n’a jamais cessé de vouloir en faire plus pour promouvoir la paix dans le monde. J’ai eu la grande chance de côtoyer M. Hébert à quelques reprises au cours d’une période d’une quinzaine d’années. En tant que superviseur de projet pour JCM en Jamaïque (…), nous avions reçu la visite d’une délégation de Cuba dirigée et organisée par M. Hébert. La visite visait principalement à démontrer de façon concrète les avantages d’un programme comme JCM pour la jeunesse cubaine… M. Hébert savait que la meilleure façon de démontrer la valeur de son programme était de laisser parler les jeunes et les gens de la communauté qui en bénéficiaient. Il avait raison, car l’année suivante, Cuba devenait un nouveau partenaire de JCM (…).
(…) M. Hébert avait un amour sans limite pour la jeunesse, et il voulait continuellement parler aux participants, les questionner sur leurs apprentissages dans le programme, les inciter à tirer le maximum de leur expérience. (…)
Lorsqu’on demandait à M. Hébert s’il était fier d’avoir créé JCM et Katimavik, il répondait oui, bien sûr… Mais il s’empressait d’ajouter que, en fin de compte, c’était bien dommage de voir que JCM et Katimavik n’arrivaient à inviter qu’un faible pourcentage de jeunes qui s’inscrivaient chaque année, et qu’une majorité d’entre eux ne pouvaient y prendre part… Oui, près de 30 000 jeunes en 35 ans, c’est bien, mais dans quel genre de monde vivrions-nous si nous en étions à un million de jeunes pendant la même période? JCM représente un investissement pour bâtir la paix dans le monde; pourquoi ne pas y consacrer plus d’argent?
Je crois que M. Hébert avait raison : il faut faire plus pour la paix dans le monde. Depuis plus de 25 ans, son programme a fait la preuve que les différents peuples du monde peuvent apprendre à s’apprécier et à vivre en harmonie. Il nous a montré le chemin; à nous de prendre les moyens pour arriver à destination (…). »
François Tardif, chargé de programmes chez JCM
« Je suis un grand admirateur de Jacques Hébert. (…) M. Hébert était un humaniste, un assoiffé de justice et un homme de grands principes. Mais, pour des milliers de jeunes Canadiens, dont je suis, Jacques Hébert fut avant tout un père (…), quelqu’un qui donne tout ce qu’il peut à sa progéniture afin qu’elle vole de ses propres ailes.
C’est après mes études (…) que je suis parti avec JCM pour le Manitoba et Cuba. Le choc des cultures fut plus brutal pour moi dans les Prairies que dans l’île de Fidel. Je parlais mieux l’espagnol que l’anglais, et je ne connaissais presque rien de la culture anglophone de mon pays. Un monde de possibilités s’est alors ouvert à moi.
En 2005, j’eus la chance de me joindre à une délégation de dignitaires et d’anciens participants pour une visite officielle à Cuba, dans le cadre du 10e anniversaire du programme là-bas. (…) Notre semaine fut extraordinaire, parce qu’à l’échelle humaine. Et c’est là que j’ai appris de Jacques que chaque rencontre que nous faisons est importante. Jeunesse Canada Monde et Katimavik sont fondés sur la rencontre des mondes, celle entre personnes d’horizons différents. Jacques Hébert fut ainsi un artisan de paix. Merci, Monsieur Hébert d’avoir offert le monde aux jeunes. »
Sébastien Lacroix, programme 1999-2000
« C'est avec beaucoup de tristesse que j'apprends le décès de M. Hébert. Son engagement envers la jeunesse mondiale a été remarquable tout au long de sa vie. Mon expérience à JCM m'a donné un esprit ouvert au monde, une acceptation des différences ainsi qu'une conscience de justice pour tous. Venant d'une petite communauté du Nouveau-Brunswick où l'exposition aux autres cultures est presque non existante, mon expérience fut une occasion de rencontrer des Canadiens provenant de chaque partie du pays, ainsi que le privilège de visiter un pays étranger. (Cett) expérience (…) a façonné la personne que je suis maintenant. Merci, Monsieur Hébert. (…) Grâce à vous, je regarde chaque personne pour ce qu’elle est, sans tenir compte de ce à quoi elle ressemble, ni d'où elle vient, ni même de ses croyances. Cela a fait de moi une meilleure personne! »
Sylvie Ekeke (Collin), programme 1986
« C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris ce matin la mort du Sénateur Jacques Hébert, fondateur du programme JCM. Dans le cadre de ma participation à ce programme l'an passé, j'ai eu la chance de rencontrer M. Hébert à l'ambassade du Canada à Cuba (…). Sa vivacité d'esprit ainsi que son désir d'entendre nos histoires et l'impact de JCM sur nous m'ont marqué profondément. J'ai eu la chance de parler personnellement avec M. Hébert avant de quitter l'ambassade, et cette discussion restera à jamais marquée dans ma mémoire. Il savait très bien que sa vie était plus proche de la fin que du début, et il m'a dit une phrase que je n'oublierai jamais en parlant de ses amis décédés: « Tu te dois d'aller aux funérailles de tes ami(e)s si tu veux qu'ils viennent aux tiennes. » J'ai retenu toute la sagesse de l'homme dans cette petite boutade.
Aujourd'hui, un grand homme nous a quittés, mais il aura légué au monde un héritage sans commune mesure. Il laissera la marque d'un homme aux convictions profondes, qui a compris que pour changer le monde, notre action doit être transmise aux autres. (…) Jacques Hébert connaissait l'impact que JCM a eu sur des milliers de jeunes, et il sera à jamais immortel grâce à cet impact. Je me déclare aujourd'hui héritier de M. Jacques Hébert, car, sans son dévouement envers la jeunesse, je ne serais pas ce que je suis maintenant : un citoyen à la fois capable et désireux d'avoir un impact sur sa communauté. »
Maxime Ouellette, programme Nouvelle-Écosse/Cuba, 2006-2007
« Toute ma famille est très peinée d'apprendre le décès de Jacques, que nous avons bien connu en tant que participants et aussi comme membres du personnel terrain JCM. (…) Tous les membres de ma famille - mon conjoint, mes deux enfants et moi - avons eu la chance de participer au programme de Jeunesse Canada Monde et d'apprendre de nos partenaires du Sud en Malaysie, au Sri Lanka, au Togo, en Inde et au Botswana. Nous sommes tous maintenant très impliqués dans la coopération internationale et dans le développement social et communautaire. C'est grâce à ce grand homme qu'était Jacques. Nous lui sommes très reconnaissants d'avoir été là pour les jeunes, de leur avoir permis de découvrir leur potentiel et de les avoir encouragés à changer le monde. »
Renée Giroux, programme 1975
« C'est avec un pincement au cœur que j'apprenais cette semaine le décès de M. Hébert, fondateur de Katimavik et de JCM. J'ai participé à ces deux programmes, et ils ont contribué à mon évolution en tant que personne, que citoyenne d'ici et du monde. Ces deux programmes m'ont donné des occasions uniques de me découvrir, de découvrir l'autre et le monde si près et si loin. M. Hébert avait une foi inébranlable en la jeunesse. C'est avec des passionnés comme lui que nous avançons en tant qu'individus et que société. Merci, M. Hébert, pour votre courage, vos efforts, votre foi en nous... »
Chantal Chicoine, participante Jeunesse Canada Monde et Katimavik
« L'humain est au centre de la vie? Il s'attardait plutôt à la vie au centre des humains...
L'humain dépend de son milieu de vie? Il croyait plutôt qu'un milieu dépend de ses humains...
L'humain est l'œuvre des ses apprentissages? Il voyait plutôt les apprentissages comme étant l'œuvre des humains…
Humaniste dans l'âme, Jacques a toujours eu l'esprit pour procurer un rôle actif à l'Homme, capable de modeler l'univers qui l'entoure, plutôt que d'en être que la conséquence passive. On dit souvent que Jacques était au centre de JCM, mais je crois que les jeunes étaient en son centre à lui… »
Charles Durocher, programme 2003-2005

